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REFUGEES LIVING WITH ALBINISM: DOUBLE DISCRIMINATION THAT MUST STOP IN UGANDA REFUGEE CAMPS

« Nous sommes des réfugiés comme les autres. Nous avons les mêmes droits et la même dignité. »

Ouganda — Août 2026

Par Jackline Nkunzimana
Défenseure des droits humains (DDH)
Refugee Inclusion & Protection Initiative (RIPI)

Dans les camps et établissements de réfugiés en Ouganda, certaines personnes vivent une situation particulièrement difficile : elles ont fui les conflits, les persécutions ou les violences dans leur pays d’origine et doivent désormais faire face à une autre forme de souffrance liée à leur condition de personnes vivant avec l’albinisme.

Elles sont réfugiées. Elles sont vulnérables. Et elles sont parfois discriminées précisément parce qu’elles vivent avec l’albinisme.

Cette situation est profondément préoccupante.

Des recherches menées dans les établissements de Nakivale, Kyaka II et Rwamwanja ont identifié la stigmatisation, la peur et les difficultés d’accès aux moyens de subsistance comme des problèmes importants pour les réfugiés vivant avec l’albinisme.

À Nakivale, des personnes vivant avec l’albinisme ont également rapporté des insultes, des menaces, des violences et des difficultés à participer normalement à la vie sociale et économique du camp.

Une double vulnérabilité

Pour un réfugié vivant avec l’albinisme, l’exil peut représenter une double épreuve.

D’un côté, il porte les traumatismes liés à la guerre, aux persécutions, aux violences ou à la fuite de son pays.

De l’autre, il doit parfois affronter la discrimination dans son propre environnement de refuge.

Certaines personnes sont insultées à cause de leur apparence physique. D’autres sont isolées ou rejetées. Des enfants peuvent être victimes de moqueries à l’école, tandis que certains adultes ont peur de sortir du camp ou de se rendre dans les villages environnants.

Ces pratiques sont souvent alimentées par des mythes, des croyances traditionnelles et des préjugés qui présentent à tort les personnes avec albinisme comme différentes, dangereuses, porteuses de malheur ou associées à des croyances surnaturelles.

Ces croyances sont fausses et dangereuses.

L’albinisme n’est ni une malédiction, ni un signe de sorcellerie, ni une raison de rejeter une personne.

Des enfants privés d’une vie normale

La situation des enfants vivant avec l’albinisme est particulièrement préoccupante.

Un enfant réfugié devrait pouvoir aller à l’école, jouer avec les autres enfants, participer aux activités communautaires et grandir dans un environnement où il se sent protégé.

Pourtant, des témoignages et des rapports concernant Nakivale font état de situations dans lesquelles des enfants vivant avec l’albinisme sont victimes de moqueries, d’exclusion et parfois de violences. Certaines informations indiquent même que des enfants ont été contraints d’abandonner l’école en raison de la discrimination.

Nous devons nous poser une question simple :

Quel avenir préparons-nous à un enfant que nous empêchons d’aller à l’école simplement parce qu’il vit avec l’albinisme ?

La réponse doit être claire : aucun enfant ne doit être privé de son éducation à cause de son apparence physique ou de son albinisme.

La santé est également une priorité

La discrimination n’est pas le seul problème.

Les personnes vivant avec l’albinisme ont souvent besoin d’une protection particulière contre l’exposition au soleil et peuvent également rencontrer des problèmes de vision.

Dans les établissements de réfugiés, ces besoins doivent être pris en compte dans les programmes de santé et de protection.

Une étude menée dans les établissements de Nakivale, Kyaka II et Rwamwanja a notamment relevé les besoins liés à la protection contre le soleil et les difficultés rencontrées par les personnes avec albinisme lorsqu’elles doivent attendre longtemps dans les files d’attente pour accéder aux services.

Il est donc nécessaire de garantir un accès adapté aux crèmes solaires, aux soins dermatologiques, aux examens ophtalmologiques, aux lunettes et aux autres services médicaux nécessaires.

La protection des personnes vivant avec l’albinisme doit être considérée comme une question de droits humains et de santé publique, et non comme une simple question d’assistance.

La pauvreté renforce la discrimination

La majorité des réfugiés vivent déjà dans des conditions économiques difficiles.

Pour les personnes avec albinisme, l’accès au travail peut être encore plus compliqué.

La discrimination, les problèmes de vision, la sensibilité de la peau au soleil, les difficultés de mobilité et la peur de sortir de certaines zones peuvent limiter leurs possibilités de gagner leur vie.

Des familles réfugiées vivant avec l’albinisme ont expliqué qu’elles avaient du mal à rechercher des activités génératrices de revenus parce qu’elles craignent les violences ou les mauvais traitements à l’extérieur de leurs communautés.

Cette situation crée un cercle vicieux :

discrimination → exclusion → pauvreté → dépendance → vulnérabilité accrue.

Il faut briser ce cercle.

Les réfugiés avec albinisme ont les mêmes droits

Nous devons rappeler une vérité fondamentale :

Une personne vivant avec l’albinisme est d’abord et avant tout une personne.

Elle a les mêmes droits que les autres réfugiés.

Elle a droit à la sécurité.

Elle a droit à l’éducation.

Elle a droit aux soins de santé.

Elle a droit au travail et aux moyens de subsistance.

Elle a droit à la dignité.

Elle a droit à la protection contre la violence et la discrimination.

Et surtout, elle a le droit de vivre sans peur.

Les Nations Unies ont également souligné que les personnes avec albinisme vivant dans les camps de réfugiés peuvent être confrontées à des insultes, à la ségrégation, au harcèlement, au harcèlement scolaire et aux violences physiques.

Nous demandons une protection renforcée

En tant que défenseure des droits humains, je demande aux autorités ougandaises, à l’Office du Premier ministre chargé des réfugiés, au HCR, aux organisations humanitaires et aux partenaires de protection de renforcer les mesures en faveur des réfugiés vivant avec l’albinisme.

Nous demandons notamment :

une protection renforcée contre les violences et les menaces ;

des campagnes régulières de sensibilisation dans les communautés de réfugiés ;

la lutte contre les mythes et les croyances dangereuses concernant l’albinisme ;

la protection des enfants contre les moqueries, le harcèlement et l’exclusion scolaire ;

un accès prioritaire et adapté aux soins de santé ;

la disponibilité des crèmes solaires et des produits de protection de la peau ;

un meilleur accès aux soins ophtalmologiques et aux aides visuelles ;

des programmes économiques adaptés aux personnes vivant avec l’albinisme ;

la possibilité pour les victimes de discrimination de signaler les incidents en toute sécurité ;

une réponse rapide aux menaces, violences et actes de harcèlement ;

et une meilleure représentation des personnes vivant avec l’albinisme dans les mécanismes communautaires de protection.

Le HCR indique actuellement que les personnes ayant besoin de protection dans les établissements de réfugiés en Ouganda peuvent signaler leurs problèmes aux structures du HCR et de l’Office du Premier ministre.

Aux communautés de réfugiés : changeons notre regard

La lutte contre la discrimination ne peut pas reposer uniquement sur les autorités et les organisations humanitaires.

Elle doit également commencer dans nos communautés.

Nous devons apprendre à nos enfants que l’albinisme n’est pas une malédiction.

Nous devons apprendre à nos familles que les personnes avec albinisme ne sont ni des fantômes, ni des esprits, ni des personnes dangereuses.

Nous devons apprendre à nos communautés que la couleur de la peau ne détermine ni la valeur, ni l’intelligence, ni la dignité d’une personne.

Une personne avec albinisme peut être enseignant, médecin, agriculteur, entrepreneur, étudiant, fonctionnaire, artiste, dirigeant ou défenseur des droits humains.

Elle peut contribuer pleinement à la société si on lui donne les mêmes possibilités.

« Nous ne voulons pas de pitié. Nous voulons l’égalité. »

Les réfugiés vivant avec l’albinisme ne demandent pas à être traités comme des personnes inférieures.

Ils ne demandent pas la pitié.

Ils demandent l’égalité.

Ils demandent la sécurité.

Ils demandent l’accès aux soins.

Ils demandent que leurs enfants puissent aller à l’école.

Ils demandent de pouvoir travailler sans être rejetés.

Ils demandent simplement de pouvoir vivre comme les autres.

À tous les réfugiés vivant avec l’albinisme en Ouganda, notre message est clair :

VOUS N’ÊTES PAS SEULS.

Votre albinisme ne diminue pas votre valeur.

Votre couleur de peau ne définit pas votre dignité.

Votre statut de réfugié ne vous prive pas de vos droits.

Vous avez le droit d’être protégés. Vous avez le droit d’être respectés. Vous avez le droit d’être inclus.

La lutte contre la discrimination des personnes vivant avec l’albinisme doit devenir une priorité dans tous les établissements de réfugiés en Ouganda.

Protéger les réfugiés avec albinisme, c’est protéger les droits humains.

Combattre la discrimination, c’est défendre la dignité humaine.

Promouvoir l’inclusion, c’est construire une communauté plus juste pour tous.

Jackline Nkunzimana
Défenseure des droits humains (DDH)
Fondatrice & Directrice Exécutive
Refugee Inclusion & Protection Initiative (RIPI)

« Protecting Rights, Promoting Inclusion »

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